La trappe est un art qui demande patience, connaissances et expérience. Chaque trappeur, même le plus aguerri, a commencé quelque part. Faire des erreurs est un passage obligé, mais certaines erreurs peuvent être évitées dès le début avec les bons conseils. Cet article a pour but d’aider les trappeurs débutants à éviter les pièges les plus courants, afin de rendre leur expérience plus fructueuse et respectueuse de la faune.

Mal connaître les espèces ciblées
L’une des erreurs les plus fréquentes chez les trappeurs débutants est de ne pas bien comprendre les habitudes et les comportements des animaux qu’ils tentent de capturer. Par exemple, lors de l’installation de pièges pour les martres et les pékans, beaucoup ont peur d’utiliser trop d’appât et se contentent d’une petite portion. Pourtant, un gros morceau attire bien plus efficacement les animaux gourmands!
Pour les collets à canidés, comme les loups et les coyotes, il est essentiel de faire particulièrement attention aux odeurs humaines, car ils les détectent facilement. Il est crucial de bien camoufler les pièges à patte et les collets, mais sans en faire trop. Un piège trop visible ne fonctionnera pas, mais un camouflage excessif pourrait éveiller les soupçons des animaux.
Ne pas connaître les prises à déclaration obligatoire
Il est essentiel pour tout trappeur de connaître les règles concernant les prises à déclaration obligatoire. Certaines espèces, comme les chevreuils ou les oiseaux de proie, peuvent parfois se retrouver accidentellement capturées, notamment dans les collets à canidés. Pour éviter ces captures accidentelles, il est important de prendre des précautions, comme choisir avec soin l’emplacement des pièges et vérifier régulièrement les alentours pour éviter les zones où ces espèces pourraient se trouver.
En cas de capture accidentelle d’une espèce protégée ou à déclaration obligatoire, il est impératif de ne pas toucher ou déplacer l’animal. Contactez immédiatement les autorités locales de la faune ou la Sûreté du Québec pour signaler la situation. Notez l’emplacement exact, prenez des photos si possible, mais attendez les instructions officielles avant de prendre d’autres actions.
Pour consulter la liste complète des espèces concernées par cette réglementation, visitez le site officiel du gouvernement du Québec.
Si vous trouvez un oiseau de proie blessé, suivez les consignes détaillées expliquées par l’UQROP.
Mauvaise installation et manipulation des pièges
Un piège mal positionné ou mal ancré peut entraîner des échecs, des blessures aux animaux ou encore laisser des odeurs humaines. Dans le cas des canidés, comme les loups et les coyotes, ces derniers sont extrêmement méfiants et peuvent sentir les odeurs immédiatement. Pour éviter cela, il est essentiel de porter des gants lors de la manipulation des pièges et de ne pas toucher le piège avec l’appât ou y mettre des leurres.
Lors de l’installation de pièges, il est recommandé d’utiliser un sécateur pour couper les branches plutôt que de les briser à la main. Le sécateur fait moins de dégâts et rend la coupe moins évidente pour les animaux, améliorant ainsi l’efficacité du piège.
Pour les martres et les pékans, essayez d’installer les pièges en hauteur, ou utilisez l’installation à la perche (pole set), qui maintient l’animal capturé en suspension entre la perche et le sol. Cela empêche les petits rongeurs de ronger le corps avant que vous ne puissiez le récupérer.
Négliger les vérifications régulières
La vérification régulière des pièges est essentielle pour le respect des animaux et la légalité de la trappe. Tant que les prises ne gèlent pas, il est recommandé de vérifier les pièges quotidiennement. Lorsque le froid s’installe, certains trappeurs espacent les vérifications à 1 ou 2 fois par semaine pour les pièges mortels. Cependant, pour les pièges à capture vivante, il est impératif de vérifier chaque jour. Laisser un animal capturé sans eau ni nourriture pendant plusieurs jours peut non seulement causer une grande souffrance, mais aussi devenir extrêmement dangereux.
J’ai entendu des histoires où des piégeurs ont trouvé des ours capturés avec seulement 3 ou 4 fils d’acier tenant encore le câble. L’ours aurait pu se libérer à tout moment en réagissant à l’arrivée du piégeur, ce qui aurait pu entraîner une situation dangereuse.
Ignorer les règles de sécurité
La manipulation des pièges à patte nécessite également une vigilance accrue. Il est crucial de garder les mains éloignées des mâchoires lors de l’installation. Bien que les pièges modernes soient souvent équipés de coussinets en caoutchouc ou d’un espace entre les mâchoires pour éviter les blessures graves, un piège de grande taille comme un Alaskan #5 peut tout de même causer des séquelles sérieuses.

Il est également essentiel d’utiliser les barrures de sécurité sur les pièges en X (Conibear) et de maintenir l’outil de sécurité en place jusqu’à ce que le piège soit complètement installé. De plus, il ne faut attacher le piège à son emplacement qu’en tout dernier lieu. Si vos doigts ou vos mains se retrouvent coincés dans le piège alors qu’il est déjà attaché, le détacher pourrait s’avérer extrêmement difficile, voire impossible dans certaines situations, une erreur que beaucoup de trappeurs débutants apprennent à la dure.
(Sur les photos, mon annulaire droit que j’ai dû broyer pour le sortir du Conibear 330 qui s’était refermé sur les doigts de mes deux mains.)


Conclusion
La trappe est une activité enrichissante, mais elle demande une bonne préparation et beaucoup d’attention. En évitant ces erreurs courantes, vous maximiserez vos chances de succès tout en respectant la faune et la réglementation. Que vous soyez débutant ou trappeur plus expérimenté, rappelez-vous que chaque sortie est une occasion d’apprendre et de vous améliorer. Prenez le temps d’observer, de vous informer et surtout de respecter la nature qui vous entoure.
Naturellement audacieuse,
Cathy


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